Trash ou miel ?

(Adeline Dieudonné et Aurélie Valognes – 11 août 2021)

Cela fait un petit temps déjà que je n’ai pas écrit de billet sur mes lectures. D’abord, parce que je n’ai pas lu beaucoup ces derniers temps et puis aussi parce qu’aucun livre ne m’a vraiment accroché cet été. Sauf peut-être les deux que j’évoque aujourd’hui et qui sont diamétralement opposés aussi bien dans le fond que dans le ton. Je n’aurais spontanément acheté aucun des deux mais je les ai reçus en cadeaux pour l’été de ma fille Marie-Noëlle qui choisit bien en général. Et ces deux romans le confirment.

Le premier, Kerozene d’Adeline Dieudonné (éd. L’Iconoclaste), est un coup de poing dans la gueule. Il est drôle, il est trash, il est désespérant. C’est l’histoire d’une quinzaine de personnes qui arrêtés sur une aire d’autoroute vont être témoins d’un drame. En fait, non, ce n’est pas une histoire mais quinze, car la station d’essence où les personnages se croisent n’est qu’un prétexte pour entrer dans la vie de chacun d’eux. Des vies pas vraiment banales, des trajectoires plus qu’improbables où il est question de meurtres, de maltraitance animale, d’amours sales, d’enfants abandonnés, de vieillesse sordide etc. Le tout pourtant narré par une plume trempée dans le vitriol de l’humour noir. Une lecture qui ne vous lâche pas, je lis généralement tard le soir mais là, impossible de fermer le bouquin avant la fin et de m’endormir difficilement à l’aube, l’esprit encombré d’images glauques et de pensées peu optimistes sur le sens de la vie. Un livre vif, tranchant et peu complaisant envers notre époque créatrice de solitudes.

Et puis, après le trash, le miel. Parfois trop sirupeux. Né sous une bonne étoile (éd. Le Livre de Poche) est le dernier roman de l’écrivaine à succès Aurélie Valognes. Il raconte l’histoire de Gustave, un garçon qui aime l’école mais que celle-ci n’aime pas car il n’est pas un élève comme les autres. Il préfère la fenêtre au tableau noir, le fond de la classe au premier rang, la vie aux calculs. Ses profs vont soit l’enfoncer soit l’ignorer et le garçon risquera bien de passer à côté de sa vie. Mais une enseignante, elle aussi pas comme les autres, va l’aider à réussir. Je ne vous raconte pas la suite, elle est agréable à lire, pleine de rebondissements et d’espoir comme le promet le bandeau qui entoure le livre. C’est parfois limite cucul-la-praline mais un peu de chocolat de temps en temps, ça ne fait pas de tort dans l’amertume du quotidien. J’ai bien aimé même si d’habitude, je préfère des lectures un peu plus « hard ».

Merci en tout cas à ma fille pour ces deux livres… étonnants sur ma table de chevet.

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