Quelle histoire ?

(Isabelle Carré) 01/02/2020

Je viens de déchirer, virtuellement s’entend, mon billet sur ce livre reçu en cadeau de ma fille pour le Nouvel An : Du côté des indiens (éd. Grasset) d’Isabelle Carré, talentueuse comédienne également douée pour l’écriture si l’on en croit les critiques élogieuses suscitées par son premier roman – que je n’ai pas lu – Les Rêveurs (éd. Grasset). J’ai déchiré ce billet car il n’était pas positif et aurait pu faire croire que je n’ai pas apprécié cette lecture, ce qui n’est pas exact.

Je vais donc le réécrire avec plus de bienveillance. Je n’écris jamais de mal à propos d’un livre, je sais combien il est difficile d’écrire. Si je n’aime pas, je préfère ne pas en parler. Mais cela ne m’oblige pas à être complaisant, je dirai donc que j’ai apprécié Du côté des indiens … à moitié.

Truffé de références cinématographiques, ce roman consacre quelques superbes pages à l’envers du décor des tournages. Rien que pour elles, il mériterait déjà d’être lu. L’auteure dont le cinéma est le milieu de vie, de travail et de passion a construit son récit comme un film avec quatre personnages habitant le même immeuble, un enfant de 10 ans, sa mère et son père (au 2ème étage) et la maîtresse de celui-ci (au 5ème ).

Chacun traîne des blessures qu’il cache, sauf l’enfant… du moins au début car assez vite, la mocheté de la réalité et les failles des adultes qui l’entourent vont l’arracher à son monde de rêves. Tout cela est bien écrit, j’ai presqu’ envie de dire bien filmé, le casting est réussi, la musique et les éclairages sont beaux… mais quid du scénario, de l’histoire ?

Quelle histoire, en fait ?

Parce qu’il y en a au moins quatre, qu’elles sont inégales et pas vraiment intégrées. Manque de fil rouge ? Montage bâclé ? Trop de thèmes abordés et puis abandonnés ? Ou alors, c’est moi qui n’ai pas accroché, je ne suis pas un fan, c’est vrai, des films psychologiques à la française, de leurs invraisemblances et des états d’âme torturés.

Et puis, mais une fois encore c’est peu être moi en cause, j’ai eu du mal à arriver au mot FIN. Trop de longueurs. Un ami canadien, Roger Gariépy, super-réalisateur de films courts dit avec humour «Life’s too short for long films».

Idem pour les romans, je pense. Celui-ci aurait pu faire quatre très bonnes nouvelles.

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