On ira tous…

(Marie-Christine Horn) 23/12/2020

Je suis au volant, les pavés sont gras, il pleut des cordes. Et pourtant, j’ai le cœur en joie. Comme ça, presque pour rien.

Je viens d’aller porter, comme le petit chaperon rouge, quelques galettes à mes frères. J’en avais fait beaucoup trop hier, j’avais oublié que nous ne recevrons pas de visites cette année, sauf celles de nos enfants en coup de vent dans le jardin, le temps d’un cacao ou d’un vin chaud et d’un petit cadeau.

Je me suis ensuite rendu à la librairie pour y acheter des cartes postales, le temps maussade invite à retrouver la tradition oubliée des vœux calligraphiés sur beau papier et non digitalisés, comme je l’évoquais dans mon billet d’hier. Maintenant quand arriveront-ils à destination nos souhaits ? Nul ne le sait, les services postaux sont dépassés, noyés sous les colis des commandes en ligne qui ont explosé suite aux restrictions sanitaires. Cela dit, j’avais commandé ce dimanche en direct à la formidable auteure suisse, Marie-Christine Horn (Marie-Christine Buffat pour ses premières publications) son livre pour enfants La Malédiction de la chanson à l’envers (éd. Snow Moon – rééd. Poche) à offrir à mon petit Cyril. Hélas pas pour Noël car je m’y suis pris trop tard. Du moins, c’est ce que je croyais ! Mais non, les Suisses sont hyper-rapides (Marie-Christine est d’ailleurs une fan de moto) le livre m’a été livré hier après-midi par DHL (une entreprise qui a beaucoup compté dans ma vie de publicitaire, j’ai en effet créé pour eux un des plus beaux slogans de ma carrière « We keep your promises – Nous tenons vos promesses »).

Malgré le temps de chien, j’ai le cœur en joie ce matin, dis-je, pour des riens. Quoique.

Sur ma route, je n’ai croisé que des gens sympas. Les éboueurs qui sous la drache m’ont fait un grand signe en dansant au rythme d’un rap qui sortait de la cabine de leur camion. Plus loin, un gars dans la file qui entre dans le rond point me fait un appel de phare, enlève sa casquette en se marrant et m’invite à passer devant lui bien qu’il ait la priorité. Chez chacun de mes deux frères, j’ai perçu leur bonne humeur à travers le masque, j’ai ri avec l’un puis avec l’autre, pour des bêtises mais peu importe le fla…con pourvu qu’on ait l’ivresse.

Mon humeur vagabonde quand soudain Michel Polnareff débarque dans mon auto-radio pour chanter On ira tous au paradis,  « toutes les bonnes sœurs et tous les voleurs, toutes les brebis et tous les bandits… », je chante avec lui, j’ai une petite pensée pour Claude Brasseur, je balance la tête avec la musique, je ralentis pour le feu rouge. Une voiture s’arrête sur la bande à côté de moi, le chauffeur que je ne connais pas baisse sa vitre, lui aussi écoute cette chanson et donne de la voix. Nos regards se croisent, on rigole, nos essuie-glaces nous accompagnent.

Il y a des jours où la sinistrose ne peut rien contre nous.

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