Mission papi

(Nickolas Butler) 04/03/2020

Quel livre ! 342 pages qui vous secouent du cœur aux poings.

Le petit-fils de Nickolas Butler (éd. Stock) est l’histoire d’un grand-père qui va remuer ciel et terre pour arracher son petit-fils à la bigoterie et la manipulation infanticides d’une secte religieuse comme il en pullule aux USA.

Derrière l’histoire, il y a surtout une vision extraordinaire de la vieillesse, de l’automne de la vie (d’où la magnifique couleur de la couverture), de cette période que je connais bien puisque je suis en plein dedans et qu’on appelle, à tort, la retraite. Si vous êtes grand-père à fond, c’est assurément le temps le plus actif de votre vie. Le plus utile, aussi. Après tant d’années passées à gagner de quoi alimenter votre famille et donc à perdre souvent votre temps dans des activités sans intérêt, vous pouvez enfin vous concentrer sur l’essentiel : l’amour et l’amitié. L’amour de votre famille, particulièrement focalisé sur vos petits-enfants. L’amitié et la fraternité envers quelques vieux camarades.

Raconté comme ceci, vous pourriez croire que ce livre est mièvre et ennuyeux comme un jour de pluie tiède.

Non, il s’agit au contraire d’un vrai bouquin d’aventures au cœur de l’Amérique profonde, dans une petite ville où coule un fleuve immense couleur de boue, où souffle le blizzard, où frappent la bêtise et le cynisme. Mais aussi où la tendresse palpite sous les grosses vestes à carreaux et transforme des paluches calleuses habituées à travailler dur dans les vergers et à écraser des cannettes de Michelob en mains de velours dès qu’elles caressent la tignasse d’un petit-fils. Ou les épaules d’une épouse-mamie admirable, les joues d’une fille désemparée, les mains ridées d’un ami métastasé.

Ce livre devrait être lu par tous les grands-pères. Lyle, le papi d’Isaac dans ce roman, est un exemple, un modèle, un idéal. Un saint trop bien pour être vrai. Un papi qui n’existe pas. Quoique. « Ce roman a été inspiré par des faits réels qui se sont produits à Weston, dans le Wisconsin, le 23 mars 2008. » peut-on lire en prologue.

« Époustouflant et bouleversant » écrit un critique de « Publishers Weekly ». Deux qualificatifs que j’emprunte pour décrire le style de Nickolas Butler qui, avec des mots simples et authentiques, synthétise à chaque page la magie de l’amour grand-paternel. Cette phrase, par exemple, en fin d’histoire : quand pour sauver son petit-garçon, le grand père qui ne croit pas en Dieu le « pria pour qu’ils puissent passer une autre journée ensemble dans le verger, pour qu’en levant la tête, Lyle voie son merveilleux petit-fils courir dans l’herbe, grimper aux arbres, chanter ses chansons favorites, explorer le monde à la manière d’un papillon ou d’un colibri. »

Le petit-fils, un grand livre, un immense coup de cœur.

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