Livre – Vivre – Libre

(Didier Van Cauwelaert – Philippe Labro –

Le 15 octobre dernier, je suivais Marie-Thérèse à l’expo du groupe des Aquarellistes Francophones à Namur. Un peu, je l’avoue, avec des pieds de plomb. La peinture à l’eau, j’aime bien mais c’est comme bouteille de vin, il faut qu’elle soit bonne et c’est à consommer avec modération. Pendant que mon aquarelliste prend son temps et s’arrête devant chaque tableau, moi je déambule, les mains dans les poches, jetant ici ou là un œil distrait, moi où je traîne c’est plutôt dans les librairies. Et soudain, flash, une aquarelle* sublime réunit les deux : la peinture et la lecture. Je reste longtemps devant, j’adore, je demande si je peux photographier, la responsable de l’expo me dit oui. Cette image, je j’ignore encore comment, mais je sais que je la publierai sur mon blog accompagnée d’un billet.

Et voilà, l’occasion se présente aujourd’hui avec le re-confinement et la décision du gouvernement d’inclure les librairies dans les commerces essentiels qui ont l’autorisation de rester ouverts. Quel bonheur !

Dans son billet d’humeur publié hier dans Le Soir, sous le beau titre « D’autres vies que la sienne », l’excellent journaliste-chroniqueur Jean-Claude Vantroyen, responsable du supplément « Les livres du Soir » », écrit que « Lire un livre, c’est s’évader, découvrir d’autres mondes, partager d’autres expériences, s’identifier à d’autres personnages, vivre d’autres vies que la sienne (…) Que le monde politique reconnaisse que lire est aussi primordial que manger, bricoler ou jardiner, c’est un bienfait de ce deuxième confinement… ».

Après l’expo, sentant déjà venir la probabilité d’un nouveau confinement, j’avais foncé dans une librairie proche de la galerie et fait provision de quelques livres (même si ma PAL est déjà haute) au cas où. Et parmi ceux-ci, deux que je souhaite mettre en avant parce qu’ils me semblent particulièrement de circonstance.

Le premier est un roman de Didier Van Cauwelaert, L’inconnue du 17 mars (éd. Albin Michel) dont l’histoire se déroule pendant le premier confinement. Il raconte une rencontre improbable, celle d’ « un sans-abri qui se retrouve confiné avec une créature de rêve ». Mais comme toujours avec cet auteur on quitte rapidement la réalité pour l’imaginaire et se retrouver dans un conte philosophique qui pousse à réfléchir sur notre mode de vie, notre monde et sa fuite en avant.

Le second est de Philippe Labro. J’ai immédiatement craqué sur son titre poétique J’irai nager dans plus de rivières (éd. Gallimard). Ce roman est celui d’une vie, ou plutôt de plusieurs vies, Philippe Labro puise comme toujours dans la sienne, riche et mouvementée, pour en partager des rencontres, des portraits, des anecdotes (parfois des potins) mais toujours avec une profondeur émouvante. Je ne l’ai pas encore lu mais j’en attends beaucoup car il y a quelques années, deux livres de Philippe Labro m’avaient bouleversé par l’espoir qu’ils suscitaient. Deux bouquins qui peuvent faire du bien dans les moments sombres et cafardeux que nous traversons actuellement .

Le premier : Le flûtiste invisible (éd. Gallimard) qui m’avait inspiré mon billet Il siffle dans le jardin – 02/05/2013 : « Je viens de terminer l’émouvante lecture du dernier roman de Philippe Labro poétiquement titré Le flûtiste invisible*, le nom que donnait Albert Einstein au hasard, qui raconte trois histoires que l’imprévisible – ou la main de Dieu ? – a bouleversées un jour, comme ça, en une seconde, en un coup de dés, sur deux ou trois notes de musique surnaturelle et inaudible. Demain ne tient trop souvent qu’à un fil dont ne nous savons rien. Profitons des instants heureux qui passent et remercions la Fortune – le Ciel ? – de les avoir mis sur notre chemin. Ces pages m’ont littéralement « enchanté » par leur profondeur et leur légèreté. Et quand j’ai refermé le livre, croyez-le ou pas, un merle siffleur jouait de sa flûte invisible à tue-tête à la cime du cerisier en fleurs dans mon jardin. Le Hasard ? »

Le second : Tomber sept fois, se relever huit (éd. Gallimard). Une confession tonique dans laquelle il décrit l’enfer de sa dépression et la manière dont il s’en est sorti. « Un témoignage unique, porté par le souffle de l’écriture, qui constitue une éclatante affirmation de la force de la vie et de l’amour ». Un livre qui m’a beaucoup marqué et dont je relis parfois quelques pages quand j’ai le blues. Je l’ai évoqué dans deux billets : Illusion – 10/05/2014 et Peut-être – 17/08/2018.

Oui, la lecture permet effectivement de vivre « d’autres vies que la sienne », de rêver, de réfléchir, de se libérer de la grisaille et de retrouver des couleurs. Un peu comme plonger son regard dans une belle aquarelle.

* Œuvre de Corinne Izquierdo – https://www.corinne-izquierdo.fr/

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