Cri de douleur !

(Marie-Christine Horn) 04/12/2019

Le cri du lièvre de Marie-Christine Horn. Roman noir – Collection fictio – BSN Press, 2019

J’ai adoré. Et détesté.

Adoré parce que votre plume, Marie-Christine Horn, est virtuose. D’une grande beauté et poésie quand vous décrivez la montagne qui recueille Manu, votre héroïne, dans la douceur de ses ronces qui griffent, de son froid qui mord, de son humidité qui transit, de ses sous-bois qui exhalent. Oui, je dis bien douceur, car la forêt et les alpages consolent et caressent si bien son cœur et son corps meurtris, elle qui s’y réfugie loin du monstre qui la cogne régulièrement.

J’ai adoré votre plume, dis-je, car elle sait aussi être brutale comme un coup de poing dans la gueule, déchirante comme un viol anal, crue et triste comme ce quotidien qu’elle subit chez elle, dans son appartement, sa chambre, dans ce qui devrait être un nid douillet. Coups généreusement distribués par l’homme qu’elle a aimé et qui l’a aimée autrefois, enfin c’est ce qu’elle croyait. En réalité, un sale mec dont elle dit qu’elle ne peut plus « sentir l’écœurant parfum d’homme qui imprègne les draps de mon lit ».

Une plume acérée et sanglante que vous plantez dans le cœur (non, il n’en ont pas) mais plutôt dans les couilles de tous ces conjoints-cogneurs-violeurs dont les victimes crient comme l’héroïne de votre bouquin « Ce type est un salaud…Une ordure, un fumier, un manipulateur. Une charogne, un déchet, une merde. »

Oui, j’ai adoré votre livre, Marie-Christine, car il raconte si fortement, avec tant de compassion pour les unes et de détestation pour les autres, la terreur et la souffrance des femmes soumises à ces hommes qui les méprisent et les martyrisent. J’ai adoré mais…

J’ai aussi détesté. Détesté parce que votre plume si pointue me fait mal et me culpabilise à juste titre. Me fait honte. Elle s’enfonce dans mon cœur de pauvre mec indifférent qui trop souvent lève les yeux au ciel ou hausse les épaules considérant que l’on en fait un peu trop avec les féminicides, la violence domestique ou encore le harcèlement au travail. Comme beaucoup – comme trop – d’hommes, je réagis lâchement, comme si les femmes exagéraient et que toutes ces plaintes, ces cris, procédaient d’un effet de mode, d’un air du temps. Votre livre n’est pas un cri de lièvre mais celui de tant de nos femmes, nos mères, nos soeurs, nos filles… qu’il serait temps que les hommes, tous les hommes, nous, moi, l’entendions. Que ce cri nous fasse mal, nous crève enfin les tympans !

Merci pour ce livre bouleversant, Marie-Christine. La prochaine fois que nous aurons l’occasion de nous croiser, je vous promets que nous prendrons le temps de nous parler un peu plus que la dernière fois et vous embrasserai pour vous remercier de l’avoir écrit.

Bises à vous, Michel 

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