Feuilles mortes

(Marie-Noëlle Demay) 19/02/2019

L’annonce de la mort de Karl Lagerfeld m’a touché.

Non pas que je sois un fan de haute couture mais ce génie m’a toujours fasciné. Son intelligence, sa classe, son immense culture, son sens de l’autodérision… vont cruellement manquer à notre époque de plus en plus envahie par leurs contraires : la crétinerie, la beauferie, l’inculture, la prétention…

Je me souviens d’une interview lue dans un magazine qui traînait dans la salle d’attente de mon médecin et qui m’avait donné l’idée d’un billet publié en juillet 2011intitulé J’ai failli être malheureux. Le grand Karl y donnait sa définition du bonheur que j’ai toujours essayé de mettre en pratique, je dois le reconnaître, avec pas mal de succès : « J’obéis à des ordres que je me donne… s’ennuyer est un crime… mon luxe, c’est de lire et de dessiner. Shopenhauer a dit: le bonheur, c’est quand on ne s’ennuie pas ».

Et me revient à l’esprit aussi un roman délicieux et émouvant écrit par Marie-Noëlle (joli prénom ! c’est celui de ma jeune fille adorée) Demay, ex-rédactrice en chef de Gala, racontant le couturier vu par Le crocodile devenu le sac à main de Karl Lagerfeld (éd. Flammarion) qui l’accompagnait partout. Dans ce livre, entre réalisme et fiction, le grand Karl se dévoile avant de mourir dans son lit entouré par Choupette, sa chatte chérie et son grand sac, finalement ses deux seuls amis. Il donne une belle définition de lui, je ne sais si elle est authentique mais elle sonne tellement vrai, à une journaliste qui l’interrogeait à propos de sa vaste culture, littéraire notamment, si rare dans le milieu frivole de la mode : « Finalement, je suis quelqu’un de superficiel avec une grande superficie ».

Je déambule dans les petites rues de Nivelles avant d’aller chercher mon petit Maxime à l’école et je passe devant L’Art du Livre, la librairie où j’avais acheté ce roman l’année passée. Une affiche en vitrine annonce qu’elle cessera ses activités très prochainement. Décidément, beaucoup de feuilles s’envolent et disparaissent aujourd’hui, les merveilleux croquis de Karl et des centaines de livres sur les vieilles étagères en bois de la vieille librairie. Mélancolie.

J’entre alors dans un bistrot pour y prendre un café et parcourir les pages de mon quotidien et croyez-le ou non, mais je vous jure que c’est vrai, la radio diffuse la Chanson de Prévert par Serge Gainsbourg …les feuilles mortes te rappellent à mon souvenir…

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