Bon climat

(Pape François) 03/12/2018

Je n’ai pas marché pour le climat hier, je n’aime pas les mouvements de foule, ils me font peur. Mais je me sens cependant profondément concerné par l’avenir de la planète. Pour moi d’abord – il me reste encore pas mal d’années à vivre, j’espère – mais aussi et surtout pour mes enfants et petits-enfants.

Je ne marche pas mais je m’informe, je lis, j’écoute. Et, Dieu merci, pas seulement les titres des journaux, les éructations des réseaux sociaux et les petites phrases de « ceux qui prétendent savoir ». Moi qui fus dans une vie antérieure un professionnel du slogan, je sais combien ceux-ci peuvent être manipulateurs et dangereux dans leurs raccourcis émotionnels quand ils s’appuient sur des ressentis, des détournements des réalités, des mensonges ou simplement des ignorances.

Si plus personne ne devrait mettre en cause l’urgence et la gravité de la crise climatique, personne ne sait au juste ce qu’il en est – tant d’incertitudes et d’approximations ou désinformations circulent – et surtout ce qu’il convient de faire. Trier ses déchets et ne plus rouler au diesel sont certes des gestes utiles mais dérisoires.

Ce qui devient réellement crucial, c’est de plus en plus évident, c’est le besoin urgent d’un changement radical de notre mode de vie. En commençant d’abord par une véritable prise de conscience des réalités. Mais comment analyser et cerner celles-ci ? Dans son dernier livre Hosanna sans fin (éd. Héloïse d’Ormesson), Jean D’Ormesson nous rappelle combien nous sommes ignorants de nos origines et de notre destin et combien les sciences et les religions ne nous aident pas dans ce domaine. Mais par contre, celles-ci nous sont indispensables pour traverser la vie, cette parenthèse entre le néant d’avant et le néant d’après. Cette parenthèse qui peut être belle et riche… mais aussi moche et misérable selon nos comportements, notamment la manière dont nous entretenons et protégeons le monde où s’ouvre et se ferme cette parenthèse, notre Maison Commune.

J’ai eu la chance de visiter cette semaine, tout à fait par hasard, L’urgence et la beauté, une exposition de photographies de Jacques Bihin consacrée à ce sujet, composée d’une centaine de clichés panoramiques de paysages nous invitant à réfléchir sur notre rapport avec la Création. Les photos sont accompagnées de textes extraits de l’encyclique Laudato Si du Pape François sur la sauvegarde de la maison commune.

Ma première réflexion fut de me dire « Mais de quoi je me mêle ? Le Pape ne devrait-il pas plutôt s’occuper de ce qui nous attend après notre « parenthèse » sur cette planète ? Est-ce vraiment son job de nous interpeller sur la crise écologique ? ». J’ai acheté le livre reprenant le texte complet de cette encyclique (190 pages parfois arides) et même si je ne partage pas tous les points de vue de François, ma foi étant trop cyclothymique, j’y ai trouvé beaucoup de sagesse à méditer en ces temps troubles comme en témoignent les deux extraits suivants nous rappelant que l’humanité n’en sortira – que nous n’en sortirons – qu’à condition de réfléchir et d’agir ensemble plutôt qu’en nous divisant et nous lançant des pavés à la gueule :

  1. Si nous prenons en compte la complexité de la crise écologique et ses multiples causes, nous devrons reconnaître que les solutions ne peuvent pas venir d’une manière unique d’interpréter et de transformer la réalité. Il est nécessaire d’avoir aussi recours aux diverses richesses culturelles des peuples, à l’art et à la poésie, à la vie intérieure et à la spiritualité. Si nous cherchons vraiment à construire une écologie qui nous permette de restaurer tout ce que nous avons détruit, alors aucune branche des sciences et aucune forme de sagesse ne peut être laissée de côté, la sagesse religieuse non plus, avec son langage propre.
  2. Il faut reprendre conscience que nous avons besoin les uns des autres, que nous avons une responsabilité vis-à-vis des autres et du monde, que cela vaut la peine d’être bons et honnêtes. Depuis trop longtemps déjà, nous sommes dans la dégradation morale, en nous moquant de l’éthique, de la bonté, de la foi, de l’honnêteté. L’heure est arrivée de réaliser que cette joyeuse superficialité nous a peu servi. Cette destruction de tout fondement de la vie sociale finit par nous opposer les uns aux autres, chacun cherchant à préserver ses propres intérêts ; elle provoque l’émergence de nouvelles formes de violence et de cruauté, et empêche le développement d’une vraie culture de protection de l’environnement.

Bon lundi, bon climat et bon avenir à tous.

Capture d’écran 2018-12-03 à 11.38.09.png

IMG_2090.jpg Photo Jacques Bihin

Une réflexion au sujet de « Bon climat »

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