Reviens

(Gilles Paris) 11/07/2012

« …elle n’a jamais appelé pour me dire (…) qu’elle m’embrassait. De toute façon, elle ne le faisait jamais, ou alors sur le bout de ses doigts avec ce vent mauvais qui emportait toujours ses baisers loin de moi ».

La maman du petit Simon est partie faire carrière en Australie, au pays des kangourous. Le petit garçon vit seul à Paris avec son père dépressif et souffre de l’absence de sa maman. C’est un des thèmes du roman bouleversant de Gilles Paris, « Au Pays des Kangourous » qui me fait l’honneur de bien vouloir appartenir à mes amis Facebook.

Cette facette de l’histoire du petit Simon me touche particulièrement car j’ai l’impression qu’elle fait partie de ma vie. – Petite parenthèse : ceci donnera, une fois de plus, l’occasion à un de mes « followers » de me reprocher de parler toujours de moi dans mon blog. Ben oui, excuse-moi mon vieux, c’est MON blog et j’y parle de ce qui ME touche. –

De ma vie, disais-je donc. Il y a 25 ans, je l’ai déjà écrit, j’ai eu l’opportunité, comme la maman de Simon, d’aller « faire carrière » au pays non pas des kangourous mais des caribous. Mes deux filles étaient alors âgées de 7 et 13 ans. Pour un tas de raisons que je n’expliquerai pas ici, elles sont restées en Belgique pendant les deux années que j’ai passées à Montréal. Comme la maman de Simon, je ne vivais alors que pour mon travail et j’envoyais de temps en temps à mes petites des bisous que je posais sur mes doigts et que je soufflais par dessus l’Atlantique, en espérant qu’ils aillent atterrir sur leurs petites joues. Comme Simon, mes filles n’aimaient pas ça.

Un jour, elles ont décidé de mettre la pression pour me faire revenir. Dans le courrier déposé sur mon bureau par ma secrétaire, je trouve un pli épais. L’écriture de l’adresse me dit immédiatement qui est (sont) l’ (les) expéditrice(s). J’ouvre l’enveloppe. Pas de lettre à l’intérieur, seulement une feuille de papier-carton plié en forme d’avion. Sur son fuselage, dessiné aux crayons de couleurs, le nom de la compagnie : « Reviens ».

Je n’ai plus jamais envoyé de bisous. Je suis revenu les donner.

Dans je ne sais plus quelle interview, alors qu’on lui demandait quel était le livre qui lui avait donné envie d’écrire, Gilles Paris avait répondu en substance « Aucun, c’est la vie qui m’a donné envie d’écrire ». Merci Gilles pour ce magnifique livre Au pays des kangourous (éd. Don Quichotte ou Livre de Poche) que je recommande chaudement à tous ceux que j’aime.

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